Y a-t-il, vraiment, deux flux de rayonnement parvenant au sol dea Terre ?
Le « bilan thermique de la terre » est déjà présenté ailleurs sur ce site et rappelé ici (source : https://actugeologique.fr/2022/07/le-bilan-radiatif-de-la-terre/)



Ces bilans montrent que l’on égale l’énergie entrante au sol avec l’énergie sortante du sol.
Comme le sol est en équilibre thermique, au sens où sa température moyenne au cours des siècles reste aux alentours de 15°C, l’égalité entre l’énergie entrante et l’énergie sortante est donc logique et nous ne contestons pas ce point.
Par contre les totaux obtenus sont quand à eux tout à fait contestables pour deux raisons au
moins, que nous détaillons ici. Nous prenons les chiffres du troisième schéma, intitulé Earth’s energy global budget, K. Trenberth et al., American Meteorological Society, 2009. et utilisés par le GIEC.
– La première raison est que les deux totaux valent 492 W/m². Or, un corps qui recevrait 492 W/m² serait à une température égale à la racine quatrième de 492.10⁸/5.67 soit environ 32°C. Pourtant le sol est à 15°C de moyenne. Comment explique-t-on ceci ?
En fait le total de l’énergie sortante s’obtient en faisant une somme de trois énergies :
a) 390 W/m², puissance d’un rayonnement infrarouge correspondant à un corps noir à la température de 15°C. Cela signifie bien que le sol est assimilé à un corps noir, puisque l’émissivité a été prise égale à 1.
b) 78 W/m² correspondant à l’évapo-transpiration du sol.
c) 24 W/m² correspondant à la convection (notée thermique sur le schéma)
On en déduit ensuite que le total de l’énergie entrante doit être « en moyenne » calculée en ajoutant deux types de rayonnement entrant :
1) Le rayonnement en provenance du soleil, évalué au sol à 168 W/m², après la division par 4 qui est faite de la constante solaire, après déduction de l’albédo (107 sur le schéma) et après déduction de l’énergie absorbée par l’atmosphère (67 sur le schéma).
2) Le rayonnement en provenance des gaz à effet de serre, calculé par différence. La valeur obtenue par cette méthode est de 324 W/m² sur le schéma. Elle est considérée comme exacte parce que les instruments de mesure perçoivent un rayonnement venant du haut ayant à peu près cette valeur. Personne ne se demande si ce rayonnement vient d’autre chose que des gaz à effet de serre. Nous pensons, nous, qu’affirmer qu’il y a d’un côté un rayonnement solaire à 340 W/m² et de l’autre un rayonnement IR quasiment égal (en W/m²) à celui du soleil venant des gaz à effet de serre et valant 324 W/m² est de l’ordre du déraisonnable et donc en dehors de la science.
On obtient ainsi la « belle » égalité 390 + 78 + 24 = 168 + 324 = 490
Cette « belle » égalité prouverait l’existence d’un effet de serre…
Nous affirmons ici que ce n’est pas vrai. Cette égalité est tout simplement fausse et nous allons expliquer pourquoi ci-dessous. Auparavant, il convient de lire la définition et les propriétés d’un corps noir.
En voici une : « Un corps noir en équilibre thermique (qui est à une température constante) émet un rayonnement électromagnétique appelé rayonnement du corps noir. Le rayonnement est émis selon la loi de Planck, ce qui signifie qu’il a un spectre qui est déterminé par la température seule, et non par la forme ou la composition du corps. »
Les irradiances sortantes ont donc été additionnées, sans tenir compte qu’un corps noir idéal, qui rayonne bien à sa température, donc considéré ici comme étant à 15°C, ne perd en aucun cas d’énergie en plus par évapotranspiration ou par convection. Un corps noir ne peut avoir d’échange de chaleur avec son environnement que par rayonnement. Ici, il en a par d’autres formes d’échanges de chaleur. Ceci est une première contradiction.
La seconde raison achève de démolir ce schéma. Le sol est à 15°C et pas à 32°C. L’irradiance qu’il reçoit doit donc être de 390 W/m² environ, au maximum, et non pas de 490 W/m². Par ailleurs, a-t-on le droit d’ajouter des irradiances pour trouver une température ? En additionnant les irradiances, on empile (plutôt qu’on ajoute) aussi les températures qui vont avec, même si la formule reliant les températures à la puissance n’est pas linéaire . De plus, un rayonnement qui atteint une surface qui est déjà à une température supérieure à celle qui est associée au rayonnement incident ne chauffera pas cette surface. Ce schéma suggère le contraire. Prenons la Terre à un endroit donné, le matin avant le lever du soleil. La température au sol est déjà en moyenne de plus de 15°C. Admettons qu’en fin de nuit, elle ait baissé. Toutes les mesures montrent que la baisse des températures à la surface de l’océan n’est que de 1°C environ et sur les terres immergées de 10°C à 20°C.
Supposons donc cette surface à 0°C pour simplifier. Cet endroit reçoit selon ce schéma 168 W/m² « en moyenne », une puissance de rayonnement qui est associée à la température de -31°C environ, donc bien plus « froide » que la température au sol. Comment un tel rayonnement pourrait-il faire s’évaporer de l’eau ?… et tout simplement comment pourrait-il chauffer tout court une terre à 0°C ? Cela n’a pas de sens.
Tout ceci montre à l’évidence qu’il n’est tout simplement pas pertinent de raisonner sur des moyennes d’irradiances et encore moins pertinent d’additionner des moyennes d’irradiances. La raison en est que la formule de Stefan-Boltzmann s’applique de façon ponctuelle et instantanée. L’appliquer à des moyennes sur des surfaces ou à des moyennes sur la journée est dépourvu de sens physique. Comme le dénoncent déjà Gerlich et Tscheuschner en 2009, tout ces calculs sont dénués de sens physique et en conséquence sont en dehors de la science.
Reprenons le problème plus simplement :
Y a-t-il, vraiment, deux flux de rayonnement parvenant au sol de la Terre ?
Y a-t-il vraiment DEUX flux d’énergie radiative parvenant au sol ?
Le bilan radiatif proposé par le GIEC comporte deux flux, l’un en provenance du soleil et l’autre en provenance de l’Atmosphère, soit, compte tenu des propriétés des gaz contenus dans l’Atmosphère, en provenance des gaz à effet de serre.
Le second flux en effet ne peut pas provenir de gaz inertes aux rayonnements, comme le sont l’azote et l’oxygène. Il ne peut que provenir de gaz dits à effet de serre, c’est-à-dire ayant la capacité d’absorber des rayonnements.
Il s’agit là d’un point crucial, puisque c’est l’un des fondements de l’introduction par les scientifiques d’un effet de serre.
Nous analysons ici ce qu’il en est, à notre point de vue.
a) Remarque préalable n°1 :
Le bilan radiatif proposé contrevient à une règle pratique physique concernant les bilans radiatifs, qui est la suivante : afin de montrer qu’un objet donné est en équilibre radiatif, il convient de faire un bilan radiatif qui soit instantané. Le bilan radiatif qui est fait est une « sorte de bilan » peu orthodoxe en ce qu’il porte sur une durée de 24 h. Un bilan radiatif illustrant l’équilibre doit montrer au contraire qu’à chaque instant l’objet étudié perd autant d’énergie qu’il en reçoit.
Selon nous le système Terre-Atmosphère est en équilibre radiatif parce qu’à chaque instant effectivement, ce système reçoit autant d’énergie qu’il en perd. Il y a un côté nuit qui équilibre à chaque instant ce qui entre du côté jour, diminué de ce qui sort côté jour. Cet équilibre se traduit par une température moyenne, à peu près constante, du système depuis des siècles, située autour de
-18°C.
Au sol, la température moyenne de l’hémisphère qui est éclairé reste constante quand la Terre tourne, bien que ce ne soit pas toujours le même hémisphère qui soit éclairé. De même la température de l’hémisphère qui est dans la nuit reste constante quand la Terre tourne. L’intérêt de faire un bilan radiatif sur 24 h non seulement nous échappe, mais conduit à notre avis à des conclusions erronées.
Le sol n’est pas pour sa part en équilibre radiatif. Il est en équilibre thermique, ce qui n’est pas la même chose. En plus des radiations, plusieurs phénomènes non radiatifs sont à prendre en compte pour expliquer cet équilibre thermique, sans en oublier aucun.
Or, deux phénomènes très importants sont passés sous silence : l’inertie thermique des océans et le gradient thermique dû au poids de l’Atmosphère.
b) Remarque préalable n°2 :
Une étrangeté scientifique figure à notre avis dans le bilan radiatif qui est présenté. Il est illustré par la phrase souvent employée suivante :
« Tout se passe (sur Terre) comme si chaque point de la surface Terrestre recevait au sol un rayonnement en provenance du soleil de 163,3 W/m² ».
Vous pouvez voir le chiffre de 163,3 W/m² sur le schéma de la NASA en PJ.
Vous pouvez voir aussi ce que nous appelons une étrangeté scientifique, à savoir le chiffre avancé de 340,4 W/m² figurant quand à lui comme étant la puissance du rayonnement solaire arrivant en haut de l’Atmosphère.
Il est considéré par conséquent que le soleil agit comme si nous étions entouré dans toutes les directions par un feu céleste de 340,4 W/m² venant de tous les points de la sphère céleste.
Cette approximation vient de deux éléments qui sont à notre avis mal interprétés.
– Le premier élément est que la Terre tourne. Il en résulterait cette uniformité du rayonnement solaire entrant.
– Le second élément est que l’objet qui réceptionne ce rayonnement est entouré de fluides, à savoir des océans et de l’Atmosphère. Cet élément, qui est inexact sur la Lune, confirmerait l’uniformité du rayonnement solaire entrant.
Nous affirmons que l’approximation qui est ainsi faite n’est pas acceptable sur le plan scientifique.
Pourquoi ?
La première raison résulte des mesures réelles des températures au sol : elles varient certes de façon moins considérable que sur la Lune, mais sont extrêmement éloignées d’une situation où elles seraient uniformes : elles varient de -70°C environ à 50°C environ soit une amplitude de 120°C.
La seconde raison est que les calculs sont alors faits comme si la Terre n’était pas ronde, alors que la rotondité de la Terre conduit à l’existence de rayonnements rasants vers les pôles, n’ayant rien à voir avec les rayonnements vers l’équateur, lesquels parviennent perpendiculairement au sol.
La troisième raison est une confusion entre le rayonnement et la chaleur.
En effet les rayonnements en provenance du soleil ne sont nullement répartis sur toute la surface de la Terre, mais ne parviennent que sur un hémisphère éclairé, soit la moitié de la surface Terrestre.
Par contre la chaleur est répartie un peu partout en raison des phénomènes de circulation océanique et atmosphérique.
Mais ce n’est parce que la chaleur est ainsi répartie que nous sommes en droit d’admettre qu’il en est de même du rayonnement solaire. Ceci est à notre avis une faute scientifique grave. A notre connaissance, les propriétés des fluides que sont l’océan et l’Atmosphère ne se téléportent pas en haut de l’Atmosphère comme le suggère la prise en compte de cette étrangeté scientifique que constitue le chiffre indiqué de 340,4 W/m² à l’entrée dans l’Atmosphère.
Il en résulte que cette approximation n’est pas acceptable. Dans la réalité, le jour, l’irradiance entrante en haut de l’Atmosphère est variable en fonction de θ et vaut 1361 cosθ. La nuit l’irradiance est nulle. Cela n’a rien à voir avec un rayonnement entrant uniforme.
c) Analyse de l’existence supposée de deux flux :<
L’erreur faite ci-dessus conduit à inventer qu’il y aurait deux flux influençant la température au sol, l’un en provenance du soleil, d’intensité 163,3 W/m² et l’autre en provenance de l’Atmosphère et donc des gaz à effet de serre, d’une intensité évaluée à 340,3 W/m² .
On peut noter au passage que selon ce schéma, le flux solaire seul conduirait à une température de 231 K = – 41°C si l’on considérait vraiment cet éclairage comme égal en tout point.
Le flux venant des gaz à effet de serre donnerait seul une température de 278 K = 5°C.
Ces chiffres sont tout aussi extravagants à notre avis que le chiffre erroné de -129°C obtenu par Gerlich et Tscheuschner qui ont négligé les influences sur la température des phénomènes non radiatifs, et pour la même raison. Ces chiffres ne prennent en compte que les phénomènes radiatifs et ne sont donc pas plus crédibles que celui de Gerlich et Tscheuschner.
Ces deux flux sont ensuite additionnés.
Il y a derrière cette addition une très grosse question. La température est une quantité intensive, ce qui veut dire que les températures ne s’additionnent pas. Pour l’illustrer simplement, faisons l’expérience suivante : nous mélangeons dans un verre plus grand le contenu en eau de deux verres contenant la même quantité d’eau.
L’un contient de l’eau à la température de 15°C. L’autre également. Après le mélange, la quantité d’eau a doublé. Par contre la température est restée de 15°C. La quantité d’eau est une grandeur extensive que l’on peut et doit additionner. La température est une grandeur intensive que l’on ne peut pas et ne doit pas additionner. Or, additionner des irradiances cumule des températures. Si nous additionnons 163 ,3 W/m² et 340,3 W/m² , nous obtenons 503,6 W/m² qui donnerait une température de 307 K = 34°C.
Un tel calcul est-il légitime ?
Nous ne le croyons pas.
Pourquoi ?
Pour le voir il convient comme toujours de ne pas se référer à des moyennes globales mais à séparer ce qui se passe le jour de ce qui se passe la nuit. Les deux situations sont très différentes et à notre avis, ne pas les séparer ne peut que conduire à des impasses scientifiques.
La nuit il est clair qu’il n’existe pas deux flux. Le flux solaire est absent. Il ne reste que le flux de l’Atmosphère vers le sol, grâce effectivement à la présence de gaz à effet de serre. Grâce à eux, l’Atmosphère a pu emmagasiner de jour de la chaleur en provenance du rayonnement solaire et est en mesure de le restituer la nuit. Mais, la nuit, le sol refroidit et ne se réchauffe pas. Donc les gaz à effet de serre doivent avoir un rayonnement dont la puissance, la nuit, n’est pas suffisante pour pouvoir réchauffer le sol, puisqu’au contraire celui-ci refroidit.
Ceci est confirmé par la mesure des instruments AERI qui donnent la nuit, selon les sources, un rayonnement en provenance des gaz à effet de serre d’au plus 315 W/m² correspondant au plus à une température de 0°C environ. Un tel rayonnement ne peut pas chauffer le sol qui est déjà assez nettement au dessus de 0°C en moyenne. Bien entendu les chiffres varient selon la position des surfaces considérées. Mais par exemple aux pôles, les gaz à effet de serre n’émettent pas, loin de là, de rayonnement d’une puissance suffisante pour chauffer les pôles. C’est même l’inverse puisque plusieurs articles scientifiques font mention d’un « forçage négatif » du côté des pôles.
Qu’en est-il le jour ?
Il faut savoir qu’environ 50 % du rayonnement solaire se situe dans les petites longueurs d’onde, allant des rayons gamma et ultraviolet aux rayonnements de l’IR proche (non compris) en passant par le rayonnement visible. Ce rayonnement apparemment traverse l’Atmosphère sans encombre, déduction faite cependant de l’albédo.
Les autres 50 % représentent le rayonnement infrarouge proche venant du soleil, d’une puissance par conséquent de 1361/2 W/m² = 680,5 W/m².
Ce rayonnement, dans le bilan radiatif du GIEC, malgré sa puissance très notable (680W/m² , ce n’est pas rien) est soit inclus dans les 163,3, W/m² , soit absent des considérations qui sont faites.
Or, si l’on raisonne comme nous proposons de le faire, en séparant le jour et la nuit, nous avons en première approximation :
– 680W/m² de lumière à petite longueur d’onde qui parviennent en haut de l’Atmosphère côté jour.
– 680 W/m² de lumière dans l’infrarouge proche qui parviennent en haut de l’Atmosphère côté jour.
De ces chiffres, il faut déduite l’albédo de 30 % , de façon semble-t-il différente entre les types de lumière. Les nuages, la glace, la neige réfléchiraient 80 % de la lumière aux petites longueurs d’onde. Compte-tenu que ces trois éléments représentent 25 % de l’albédo, cela nous donne au total un peu moins que (1-0,25) x 680 = 510 W/m² , disons 490 W/m² de lumière à petite longueur d’onde parvenant en haut de l’Atmosphère et pénétrant dans celui-ci, le jour.
– Par contre, les 5 % restants sont de la lumière réfléchie se situant dans l’infrarouge proche, ce qui nous donne 0,7×1361 – 490= 463 W/m² de lumière dans l’infrarouge proche qui pénètrent aussi dans l’Atmosphère, le jour.
Il faut ensuite déduire l’absorption due à la traversée de cet Atmosphère. Il est admis que les rayonnements de petite longueur d’onde ne sont pas absorbés : l’Atmosphère est transparente à ce type de lumière. Les 25 % de ce qui pénètre dans l’Atmosphère et qui sont absorbés par lui représentent donc 115 W/m², situés dans l’infrarouge. Il reste 348 W/m² de lumière dans l’infrarouge qui parvient au sol et qui provient du soleil, toujours le jour.
Les chiffres indiqués seraient à vérifier par des mesures plus précises mais leur ordre de grandeur est significatif.
Le rayonnement infrarouge en particulier serait de l’ordre de 348 W/m² . Or le bilan du GIEC indique un rayonnement de l’Atmosphère vers le sol de 340 W/m² . Ces chiffres sont très comparables.
A notre avis, il s’agit donc de la partie du rayonnement solaire située dans l’infrarouge lointain qui, après avoir traversé l’Atmosphère et donc après avoir changé de longueur d’onde puisque réémis par l’eau liquide ou solide contenue dans l’Atmosphère ou encore par les gaz à effet de serre eux-mêmes, parvient jusqu’au sol.
Admettre qu’un rayonnement en plus, qu’un second flux venant de l’Atmosphère puisse s’ajouter à ce rayonnement solaire, c’est admettre que l’Atmosphère est par elle-même une source de chaleur et non un intermédiaire transmettant et transformant le rayonnement qu’elle reçoit.
C’est donc créer de l’énergie à partir de rien, ce qui est contraire aux lois de la physique.
Nous concluons pour notre part qu’il est erroné de considérer qu’il existe deux flux bien distincts parvenant au sol. C’est tout à fait clair la nuit et plus que très probable le jour.




